Crise sanitaire mondiale: le spectacle vivant au point mort

Dans un contexte de crise économique sans précédent, les parcs d’attraction, les théâtres, les musées, et les festivals ont dû annuler leur programmation à maintes reprises durant l’année 2020, quand ils n’ont pas dû tout bonnement fermer leurs portes jusqu’à nouvel ordre. Or, dans ces lieux dédiés à la culture et à la fête, les intermittents du spectacle ont vu leur profession mise à mal, voire remise en cause, par une succession de mesures anti-regroupements destinées à contrer la propagation de la Covid-19.

C’est certes un mal nécessaire mais qui a un réel impact sur la bonne santé du secteur avec l’interdiction pure et simple de se produire devant un public en grand nombre, de fréquenter les cinémas en vase clos, de mettre en place les animations dans les Ehpads ou encore de participer à la traditionnelle fête de la musique, aux mythiques Eurockéennes en Nouvelle-Aquitaine, ou à l’intemporel festival d’Avignon. Exit l’insouciance et le plaisir d’être ensemble! Et surtout combien de temps le secteur culturel peut-il encore tenir sans être alimenté humainement et économiquement parlant?

 

72% de baisse de CA pour le spectacle vivant

Le principal risque à long terme, c’est de voir la production et la diffusion des spectacles s’estomper jusqu’à disparaître. Ajouté à cela, le problème majeur de maintien des salaires des artistes et des techniciens, en raison de la baisse des recettes des salles de spectacles. Pour arrêter l’hémorragie, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé vouloir débloquer 432 millions d’euros pour venir en aide aux structures publiques et privées, et aux artistes comme aux auteurs. Le 27 août dernier, il a pu s’exprimer en ces termes à Paris lors d’un point de presse sur la situation: “L’effort consenti se devait d’être massif, à la hauteur des difficultés que vous rencontrez, à la hauteur de l’importance économique et sociale du secteur du spectacle vivant en France.” Rappelons que la Culture représente 2,3% de l’économie du Pays, avec 79.800 entreprises et 635.700 salariés touchés de plein fouet!

 

Les arts de la rue, les fêtes foraines d’antan: tout fout le camp!

Depuis l’Antiquité, le spectacle vivant occupe une place importante dans l’imaginaire des enfants par ses tonalités tout droit sorties des contes et légendes. Qu’on se souvienne des bonimenteurs, banquistes et autres théâtres de marionnettes de Guignol, et plus récemment, des ducasses et des Cucurbitades dans le Nord de la France, de la compagnie Royal de Luxe à Nantes, ou encore du Festival Mimos à Périgueux entre autres, tout ce monde magique est de plus en plus menacé par la crise sanitaire d’une part, mais aussi par la révolution numérique, grande gagnante de la loterie du Temps qui passe. Pensons aussi aux petites troupes du théâtre de rue ou aux performers des arts du cirque, suant sang et eau pour continuer à faire rêver les foules, et qui ressentent actuellement un réel manque de contacts tout autant qu’un manque à gagner!

Les jongleurs, les clowns, les magiciens qui aimeraient aussi qu’on se penche sur leur sort pour conjuguer passion du métier et avenir. Que leur prédiraient les fameuses diseuses de bonne aventure dans les foires, devant leur boule de cristal, à côté du train fantôme? Leur diraient-elles de jouer au loto – mais alors version loto-bouse ou loto-drive – de faire confiance à leur bonne étoile, ou d’espérer que la roue de fortune se mette bientôt à tourner? Peut-être tout ça à la fois!

Ce que l’on sait pour le moment, c’est que depuis le 30 novembre, l’ensemble de la population est re-confiné, mais les enregistrements et répétitions hors public sont autorisés en attendant une reprise à partir du 15 décembre avec un public assis de moins de 1.000 spectateurs jusque 21h tapante. Et on attend 2021, avec une impatience néanmoins mêlée d’inquiétude, pour redresser la barre des 97 milliards d’euros de CA, pour le secteur culturel, qui est atteinte en temps normal.

loto bouse

Le spectacle numérique tire son épingle du jeu

Outre le fait que le Big Data ait pu jouer un rôle crucial dans la lutte contre la Covid-19 avec les modélisations de l’évolution du virus, ou les traçages spatio-temporels via les plateformes Stop Covid pour éviter les contaminations, le recours au numérique est une panacée pour les entreprises quand il s’agit de télétravail et d’échanges de données en temps réel, et un tremplin pour toutes les plateformes de jeux, de livres, de vidéos et de musiques, avec modération serait-on tenté de dire!

L’année 2020 a vu fleurir les festivals online, les visites virtuelles de musées, nous habituant d’emblée à un monde qui change derrière nos écrans. Dans un premier temps, cela a permis d’assurer un service minimum pour ne pas dire adieu aux nouveaux spectacles qui ont été stoppés en cours de tournée. D’ailleurs, les actes solidaires du public n’ont pas tardés à se multiplier pour soutenir les salles de spectacles en ne se faisant pas rembourser les billets de concerts annulés. Ensuite, le click & collect a pu sauver un temps la mise, notamment pour les petites boutiques des disquaires et des libraires de quartier.

 

Gageons que les spectacles dans le futur seront hybrides comme les voitures du même nom, 50% vivants, 50% numériques, comme on le voit déjà avec les spectacles d’arts visuels et les shows faisant la part belle aux nouvelles technologies. À moins que le spectacle vivant ne ressorte totalement vainqueur de cette crise sanitaire, après ces temps de silence radio et de privations sociales, reprenant le chemin du succès comme un Phénix légendaire renaissant de ses cendres.

 

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